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La question du coût est posée avant celle du cabinet, et c'est elle qui décide de la réponse
Quand un dirigeant demande à un assistant quel expert-comptable choisir, la formulation contient presque toujours un budget ou une question de prix : « combien coûte un expert-comptable pour une SASU », « tarif mensuel pour un restaurant », « expert-comptable en ligne à 80 euros par mois ou cabinet de proximité ». Le moteur traite d'abord cette sous-requête, parce qu'elle est explicite, puis il nomme des cabinets parmi ceux qui lui ont fourni la réponse. Un cabinet dont le site ne dit rien de ses honoraires n'entre pas dans la première étape, et n'est donc presque jamais dans la seconde.
La mécanique est celle décrite dans notre article de référence sur la citation par ChatGPT, Claude et Perplexity : un prompt est découpé en sous-requêtes, chaque sous-requête ramène des passages, et le passage retenu est celui qui répond directement avec une preuve. Sur la sous-requête « combien », les passages disponibles viennent des cabinets en ligne, des éditeurs de logiciels et des plateformes de devis, qui publient des fourchettes. Les cabinets de proximité, qui connaissent pourtant mieux le coût réel d'une mission pour un artisan ou une SCI, sont absents par choix.
Dans nos audits de cabinets, ce choix est rarement une décision : c'est une habitude héritée d'une époque où la profession ne communiquait pas, et une crainte de s'engager. Les deux ont une réponse, l'une dans le code de déontologie, l'autre dans la façon d'écrire la page.
Ce que les dirigeants demandent réellement sur le coût
Les questions de coût ne sont pas toutes les mêmes, et une seule page ne peut pas toutes les traiter de la même façon. Voici celles que nous retrouvons le plus souvent dans les panels de cabinets, avec ce que le moteur cherche pour chacune.
| Situation | Exemple de question posée à un assistant | Ce que le moteur cherche comme source |
|---|---|---|
| Création | « Je crée une SASU de conseil à Lille, sans salarié. Combien va me coûter un expert-comptable par an, et qu'est-ce qui est compris ? » | Fourchette par forme juridique et par volume, avec le contenu de la mission |
| Secteur | « Tarif d'un expert-comptable pour un restaurant de 8 salariés : comptabilité, paie, TVA ? » | Pages par clientèle qui détaillent les obligations propres au secteur et leur coût |
| Arbitrage | « Cabinet en ligne à 90 euros par mois ou expert-comptable de proximité : qu'est-ce que je perds, qu'est-ce que je gagne ? » | Pages qui expliquent ce qui fait varier le prix et ce qu'un forfait exclut |
| Ponctuel | « Combien coûte un bilan seul, ou la reprise d'une comptabilité en retard de deux ans ? » | Pages de missions ponctuelles avec un ordre de grandeur et des conditions |
| Changement | « Changer d'expert-comptable en cours d'année : frais, délai, démarches ? » | Guides de procédure, dont la question des honoraires dus au cabinet quitté |
Tableau : faites défiler horizontalement.
Un point commun : le dirigeant ne demande pas « votre tarif », il demande un ordre de grandeur et ce qu'il comprend. C'est précisément ce qu'une page d'honoraires peut donner sans fixer un prix.
- 01Situation décriteForme juridique, secteur, effectif, ville, parfois un budget.
- 02Ordre de grandeurLe moteur cherche des fourchettes datées avec leur contenu : cabinets en ligne, plateformes, et les rares cabinets qui ont écrit la page.
- 03Ce qui fait varierVolume de pièces, paie, TVA, outils : reprise des pages qui l'expliquent.
- 04VérificationInscription à l'Ordre, avis, cohérence du nom et de l'adresse.
- 05Cabinets nommésParmi ceux cités comme source à l'étape 02.
Qui répond aujourd'hui à cette question, et pourquoi
Sur la sous-requête du coût, les moteurs génératifs citent trois familles de sources : les cabinets en ligne, qui affichent des forfaits mensuels ; les éditeurs de logiciels de comptabilité, qui publient des guides « combien coûte un expert-comptable » pour vendre leur outil ; et les plateformes de devis, qui agrègent des fourchettes. Aucune de ces sources ne connaît le coût d'une mission pour un restaurant de Lille, mais toutes ont écrit une page. Les cabinets de proximité apparaissent surtout à travers les avis, c'est-à-dire sur la question du choix, jamais sur celle du prix.
Données illustratives. Ce qu'il faut y lire : plus la question est précise (secteur, ville), plus la place d'un cabinet de proximité qui a écrit une page d'honoraires est réelle ; sur la question générique, les sources nationales resteront devant.
La conséquence pour un cabinet est simple : il ne gagnera pas la question générique, et il n'a pas besoin de la gagner. Sur « combien coûte un expert-comptable pour un restaurant à Lille », une page qui répond avec les obligations propres à la restauration, un ordre de grandeur daté et ce qu'il comprend est retenue devant le guide d'un éditeur de logiciel, parce qu'elle répond à toute la question et pas seulement à son début. Notre article sur les cabinets en ligne contre les cabinets de proximité détaille cette répartition par type de question.
Ce que le code de déontologie permet, et ce qu'il interdit
Le frein le plus souvent invoqué dans nos entretiens avec des experts-comptables est la déontologie. Il ne tient pas. Le code de déontologie, issu du décret du 30 mars 2012, autorise la communication dès lors qu'elle procure au public une information utile, et il l'encadre par deux interdictions : le dénigrement et la comparaison. Une page qui donne un ordre de grandeur par type de mission, avec ce qu'il comprend, est une information utile ; elle ne compare personne et ne dénigre personne. La lettre de mission, obligatoire, reste le document qui fixe le périmètre et les honoraires ; la page l'annonce, elle ne la remplace pas.
- 1Information utileOrdres de grandeur par mission, contenu, périodicité, ce qui fait varier : autorisé et attendu.Sinon : la réponse vient d'une source qui ne vous connaît pas.
- 2Pas de comparaisonAucun confrère nommé, aucun « moins cher que les cabinets en ligne ».Sinon : manquement, et un passage que le moteur ne reprend pas de toute façon.
- 3Pas de dénigrementExpliquer ce que votre mission comprend est possible ; juger la qualité d'autrui ne l'est pas.Sinon : même conséquence.
- 4Lettre de missionLa page annonce des honoraires de principe ; la lettre de mission fixe les honoraires du client.Sinon : la page est lue comme une offre ferme, ce qu'elle n'est pas.
Une règle supplémentaire mérite d'être rappelée, parce que les moteurs la citent quand ils expliquent le fonctionnement de la profession : les honoraires d'un expert-comptable ne peuvent pas être calculés d'après les résultats financiers du client. Une page qui le dit en une phrase répond à une question que les créateurs posent souvent (« peut-on payer l'expert-comptable au pourcentage du chiffre d'affaires ? »), et elle signale au moteur que son auteur connaît son cadre.
L'anatomie d'une page d'honoraires citable
La page que les moteurs reprennent n'est pas une grille tarifaire. C'est une page qui répond à « combien, pour quoi, et qu'est-ce qui fait varier », mission par mission, avec une date et un auteur inscrit à l'Ordre. Voici comment un moteur l'extrait, sur un exemple fictif.
La seconde version contient une forme juridique, un contenu de mission, une période, deux variables et le rappel du cadre. Elle est extraite telle quelle, avec le nom du cabinet. La première est la phrase de milliers de sites de cabinets, et ne répond à rien. Les montants doivent venir de vos lettres de mission récentes, par tranche, pas d'une estimation.
« Ce qui fait varier le prix » : la section que les moteurs reprennent le plus
Dans nos audits, la section la plus souvent extraite d'une page d'honoraires n'est pas la fourchette, c'est l'explication des écarts. Le dirigeant veut comprendre pourquoi un forfait en ligne est bas et ce qu'il exclut ; le moteur, lui, cherche une source qui explique les variables plutôt qu'une source qui affiche un chiffre. Cette section peut être écrite sans comparer ni dénigrer : il suffit de décrire vos propres variables.
- Le régime et la forme juridique : micro-entreprise, entreprise individuelle, société ; régime de TVA ; option pour l'impôt sur les sociétés.
- Le volume et la qualité des pièces : nombre de factures, pièces transmises numériquement ou en vrac, retard à reprendre.
- La paie et le social : nombre de bulletins, convention collective, entrées et sorties.
- Le périmètre : tenue seule, révision de comptes tenus par le client, comptes annuels, déclarations fiscales, conseil.
- La périodicité et les outils : situation trimestrielle ou annuelle, logiciel du cabinet ou du client, caisse ou banque connectées.
Chaque variable peut être accompagnée d'une phrase sur son effet (« la paie est le premier facteur d'écart entre deux restaurants de même taille »). C'est ce type de phrase, précise et non comparative, que les moteurs reprennent pour expliquer au dirigeant pourquoi deux devis diffèrent.
N'écrivez pas « les cabinets en ligne cachent des frais » ni « nos honoraires sont les plus bas de Lille ». Décrivez ce que votre mission comprend et ce que vos variables font au prix ; le dirigeant et le moteur en tirent la comparaison eux-mêmes.
Relier la page aux experts-comptables inscrits et à l'annuaire de l'Ordre
Une page d'honoraires sans auteur identifiable est une page de plateforme. Ce qui la distingue, pour un moteur, est qu'elle est signée par un expert-comptable inscrit à l'Ordre, dont le nom se retrouve dans l'annuaire public et sur la fiche Google du cabinet. Le balisage AccountingService porte l'identité du cabinet et un ordre de grandeur via priceRange ; chaque expert-comptable signataire est un Person relié au cabinet. Les règles de signature et de page auteur sont développées dans notre article sur les pages auteur et l'E-E-A-T.
{
"@context": "https://schema.org",
"@type": "AccountingService",
"name": "Cabinet Flandres Expertise",
"legalName": "Flandres Expertise SARL",
"address": { "@type": "PostalAddress", "addressLocality": "Lille", "addressCountry": "FR" },
"areaServed": ["Lille", "Métropole européenne de Lille"],
"priceRange": "€€",
"memberOf": { "@type": "Organization", "name": "Ordre des experts-comptables" },
"employee": [{ "@type": "Person", "name": "…", "jobTitle": "Expert-comptable inscrit à l'Ordre, clientèle restauration et commerce" }],
"sameAs": ["https://g.page/…", "https://www.linkedin.com/company/…"]
}
L'exemple décrit un cabinet fictif. Le balisage n'apporte rien si la raison sociale, l'adresse et le nom de l'expert-comptable diffèrent entre le site, l'annuaire de l'Ordre et la fiche Google : le moteur lit alors plusieurs entités et n'en cite aucune. La concordance passe avant l'exhaustivité.
Mesurer la part de citation sur les questions de coût
Un cabinet ne mesure pas l'effet d'une page d'honoraires avec son classement sur « expert-comptable Lille », mais avec un panel de questions dans lequel les questions de coût sont isolées par clientèle et par ville. C'est la lecture que nous construisons sur la page GEO Experts-comptables : pour chaque question, le cabinet cité, la source utilisée, et ce qui est dit du prix. Ce dernier point compte : un moteur qui cite votre cabinet avec une fourchette périmée ou un contenu de mission faux vous nuit, et seule la relecture mot à mot des réponses le révèle.
- Semaines 1 à 2Panel et cadre
- 40 à 60 questions, dont un tiers sur le coût, par clientèle et par ville
- Relevé des fourchettes réelles dans les lettres de mission des deux dernières années
- Validation du texte au regard du code de déontologie
- Semaines 3 à 6Pages
- Page d'honoraires par clientèle : réponse, contenu, variables, cadre, date
- Pages des experts-comptables signataires
- Balisage
AccountingServiceetPerson, concordance avec l'annuaire de l'Ordre
- Semaines 7 à 12Corroboration et relecture
- Avis demandés en citant la clientèle et la mission
- Relecture des réponses : fourchettes et contenus cités
- Deuxième mesure, lecture par clientèle
Deux lectures pour un associé. La part de citation sur les questions de coût par clientèle dit si la page est devenue une source ; celle sur « quel expert-comptable choisir » dit si l'entité et les avis ont suivi. La première monte en général avant la seconde, et c'est l'ordre attendu : le moteur recommande un cabinet après l'avoir cité comme source.
Ce qu'il faut retenir
- Le coût est la sous-requête que les moteurs traitent en premier quand un dirigeant cherche un expert-comptable ; un cabinet absent de cette étape n'est presque jamais nommé à la suivante.
- Le code de déontologie autorise une information utile sur les honoraires et interdit la comparaison et le dénigrement ; la lettre de mission reste le document qui fixe les honoraires.
- Une page citable répond par clientèle : ordre de grandeur daté, contenu de la mission, ce qui fait varier le prix, rappel du cadre, expert-comptable signataire.
- La section « ce qui fait varier le prix » est la plus reprise : elle explique les écarts sans comparer personne.
- Mesurez la part de citation sur les questions de coût par clientèle et relisez ce que le moteur dit de vos honoraires : une fourchette périmée citée est pire qu'une absence.
Questions fréquentes
Un expert-comptable a-t-il le droit de publier ses honoraires sur son site ?
Oui. Le code de déontologie de la profession autorise toute communication qui procure au public une information utile, sans dénigrement ni comparaison. Un ordre de grandeur par type de mission, avec ce qu'il comprend et ce qui le fait varier, est une information utile. La lettre de mission, obligatoire, reste le document qui fixe les honoraires du client ; la page doit le rappeler et présenter ses montants comme des honoraires de principe.
Faut-il publier un prix précis ou une fourchette ?
Une fourchette, datée, par clientèle ou par type de mission, accompagnée de son contenu et des variables qui la font bouger. Un prix unique est soit faux pour la plupart des dossiers, soit si large qu'il n'informe pas. Les moteurs génératifs reprennent volontiers une fourchette avec ses conditions, parce qu'elle répond à la question du dirigeant tout en restant exacte ; ils reprennent aussi la phrase qui explique pourquoi deux dossiers diffèrent.
Publier ses honoraires ne va-t-il pas attirer des clients qui ne cherchent que le prix ?
C'est l'inverse que nous observons sur nos mandats : une page qui explique ce que la mission comprend et ce qui fait varier le prix filtre les demandes mal qualifiées, parce que le dirigeant arrive en sachant ce qu'il achète. Le cabinet qui ne dit rien laisse la question au forfait le plus bas trouvé ailleurs, et c'est ce forfait qui sert de référence au premier rendez-vous.
Peut-on expliquer ce qu'un forfait de cabinet en ligne ne comprend pas ?
Vous pouvez décrire ce que votre propre mission comprend et ce qui, en général, fait varier le prix d'une mission comptable : volume de pièces, paie, périodicité, conseil. Vous ne pouvez pas nommer un confrère ni juger la qualité de son offre, ce que le code de déontologie interdit. En pratique, une description précise de vos variables suffit : le dirigeant et le moteur font la comparaison eux-mêmes.
Combien de temps avant qu'une page d'honoraires soit citée par les IA ?
Sur nos mandats, les premières citations sur des questions de coût précises (secteur et ville) arrivent en général un à trois mois après la publication, à condition que les robots de recherche IA aient accès au site et que la page soit signée par un expert-comptable identifiable dans l'annuaire de l'Ordre. Les questions génériques restent aux sources nationales ; la citation comme cabinet recommandé suit la citation comme source.


